Voici un petit billet d’humeur sur le gouvernement fédéral belge qui a fini par accoucher douloureusement 9 mois après le passage aux urnes. Mon dessein n’est pas d’en faire une analyse poussée (je ne suis pas politologue) mais plutôt d’exprimer mon ressenti en toute subjectivité (cela va de soi).
D’ordinaire, on montre du doigt les pays où la démocratie ferait défaut, notamment en période électorale. Ce fut le cas récemment pour la Russie. Mais il fort aise de regarder dans l’assiette du voisin plutôt que de mettre le nez dans la sienne (c’est pas toujours ragoûtant, ‘faut l’avouer). C’est oublier que les U.S.A., la "plus grande démocratie du monde", a élu son Président suite à une ordonnance de justice car ils étaient incapables de compter les bulletins de votes. C’est aussi oublier que la Belgique a une drôle de manière de concevoir la démocratie pourtant synonyme de "liberté". Le vote est une obligation légale en Belgique et celui qui ne remplit pas son devoir est passible de sanctions (en théorie). Après cette obligation, les partis politiques prennent un malin plaisir à ne plus tenir compte du choix des électeurs. Où est la démocratie là dedans ? Pour les élections de juin 2007, les grands vainqueurs sont les oranges dans la partie nord du pays (l’équivalent du Modem en France) et les bleus dans le sud (= UMP) avec les rouges (=PS) comme grands perdants tant au nord qu’au sud. C’est pourquoi les médias parlaient sans cesse de « l’Orange - bleue ». Mais, pour les élections, l’orange du nord s’était accoquinée avec un parti plus radical prônant à terme la scission de la Belgique. Ainsi, l’autonomie des Régions a été source de bien des difficultés pour voir poindre un semblant de gouvernement. Il a même fallu faire appel au grand perdant des élections (Guy Verhofstadt, l’ex-Premier Ministre) pour reprendre les rennes du pays l’espace de quelques mois. Ce répit a permis enfin de voir un gouvernement se former. Et quelle équipe ! L’orange – bleue est devenue sanguine suite à l’incorporation des grands perdants (les rouges) dans la constitution du gouvernement. Finalement, pour nos amis français, c’est un peu comme si Sarkozy, Bayrou et Royale co-dirigeaient la France. L’allégorie est forte de café mais correspond pourtant à notre réalité. Bref, avec une telle composition, c’est sûr que le peuple peut dormir sur ses deux oreilles ! Et dire qu’on a dû attendre 9 mois pour voir finalement tous les partis (exception faite des verts qui sont meilleurs dans l’opposition) diriger le pays.
Si le vote n’était pas une obligation, je abstiendrai de m’y rendre, non pas par manque de civisme mais simplement parce que cela ne sert à rien et le gouvernement actuel le prouve.
La politique de l’autruche semble bien nous réussir. Après tout, distraire la population avec les problèmes d’autrui (où on a qu’un son de cloche bien souvent) évite à ce que celle-ci ne s’interroge trop sur ses propres conditions. Bref, voici un énième exemple de ce qu’on a de coutume d’appeler un "compromis à la Belge".
Steph>> oula, intéressante question !
Alors, mes renseignements pris, le vote est obligatoire depuis 1894 en Belgique. Le but premier était de garantir le vote des ouvriers et d'éviter de donner le pouvoir à des minorités radicales.
Concernant les sanctions, une première absence non justifiée peut être punie d’une réprimande ou d’une amende pouvant varier entre 25 et 50 €. En cas de récidive, l’amende peut monter jusqu’à 125 €. Si l’électeur ne se présente pas à 4 reprises dans un délai de 15 années, il sera rayé des listes électorales pour 10 ans. En outre, pendant ce laps de temps, il ne peut recevoir aucune nomination, ni promotion, ni distinction, d’une autorité publique.
Les votes blancs sont considérés comme valables, contrairement aux votes nuls, mais pas valides, ce qui signifie qu'ils n'entrent pas en considération dans la répartition des sièges.
Et puisque le vote est obligatoire, le vote blanc ou nul est-il considéré différemment qu'en France ? Parce qu'en France j'ai l'impression que si tu votes blanc on s'en fout royalement alors que pour moi c'est l'occasion éventuelle d'exprimer un vrai malaise (pour pas dire déception) vis-à-vis des candidats (et c'est moins idiot -et dangereux- que de voter pour les extrêmes en signe de mécontentement).