L’affaire du siècle

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Nonon, rassurez-vous, je ne vais pas vous entretenir de l’incontournable bd de Jean-Jacques Beineix mais bien d’un fait d’actualité qui secoue en ce moment les places boursières. Il s’agit du scandale des "subprimes" ou, si vous préférez, du marché des prêts hypothécaires aux USA. Je ne destinais pas mon blog à traiter d’actualité mais cet incident, qui peut mener à une réelle crise mondiale, mérite bien quelques lignes.

 

En préambule, je dirais que je suis loin d’avoir saisi tous les rouages subtils de ce scandale. Vous trouverez donc sur le net bon nombre d’articles financiers traitant bien mieux du sujet que je ne le ferai. Mon but est seulement d’attirer l’attention sur cette affaire des subprimes que certains qualifient d’ailleurs de "subcrime".


La subprime, kesako ?

Le terme "subprime" désigne les prêts immobiliers à risques. Contrairement au "prime market", la "subprime" est accordée par des sociétés de crédits hypothécaires peu regardantes sur les garanties offertes par les ménages (pas de preuves de solvabilité exigée). Pour inciter les gens à franchir le cap et devenir propriétaire, des facilités leurs sont mêmes accordées : pas de remboursement immédiat, taux fixes pendant les deux ou trois premières années . . .  tout le monde allait devenir propriétaire de son logement. Un monde idyllique. Le rêve américain.

 

Un petit grain de sable dans un rouage pourtant si bien huilé . . .

Si les mensualités étaient basses et à taux fixe les premières années, celui-ci se muait en taux variable par la suite (c’était marqué en tout petit à la page 143 de l’acte de crédit qui compte quelque 200 pages). Avec la hausse des taux d'intérêt, de nombreux ménages américains peu solvables se sont trouvés dans l'impossibilité de faire face à leurs traites. Du coup, le taux de défaut de paiement a explosé. Les ménages pris dans ce piège sont contraints de s’exiler vers un camp de mobil homes comme il en existe à la périphérie des villes. Pour le courtier, la situation est différente puisqu’il lui suffit de mettre en vente la maison pour récupérer ses billes. Sauf que cet afflux massif de biens "for sale" a engorgé le marché de l’immobilier et entraîné logiquement une chute des prix sans précédent. Les maisons deviennent invendables, les courtiers ne récupèrent que des cacahuètes et sont obligés, pour bon nombre d’entre eux, de mettre la clé sous la porte. Le propriétaire a tout perdu et le courtier aussi. La « ownership society » défendue par G.W. Bush, où chacun allait pouvoir posséder une maison, prend un sérieux coup dans l’aile.

 

Comment cette crise a t’elle pu atteindre l’Europe ?

Il faut savoir que les sociétés de crédit hypothécaire, voyant le vent tourner, ont transformé leur créance en obligation. Ces obligations sans valeur ont été revendues par la suite à des fonds d’investissement dans des packages triple A (très très sûr donc). Les répercussions en cascade affectent dès lors les banques qui ont souscrit à ces placements.

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Publié dans De tout et de rien

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